Après 50 ans de voyages divers et variés, l’envie de partir ne m’a pas quittée. Juste après mon bac je suis partie sac au dos avec une amie en Grèce. Premier grand voyage à pied et, de temps en temps, en stop quand nous étions trop fatiguées. Un émerveillement qui m’a donné envie de découvrir la beauté et la variété des êtres, du monde et leur relation avec ce qui nous dépasse, qu’on l’appelle Dieu, la Source ou d’un autre nom.
Du haut de mes 73 ans je ne veux pas me mettre dans le rôle de la vieille râleuse qui ressasse : « C’était mieux avant. »… mais le monde et donc les modes de voyage tellement changé ! Que nous dit ce mot ?
Les voyages de Marie Madeleine interrogent aussi cette transformation du sens du départ : partir pour fuir, partir pour chercher, partir pour se transformer.
Les voyages de Marie Madeleine et l’étymologie du voyage
L’étymologie du mot voyage remonte au latin et permet de voir comment le sens du mot a évolué au cours des siècles. En latin « viaticum » (mot dérivé de « via », « route, chemin ») désigne l’argent, les provisions, les bagages à emporter. Cela reflète bien le côté pratique des Romains. En français « viatique » désigne la même chose mais aussi la communion donnée à un mourant pour son voyage vers l’au-delà.
J’aime cette maxime que tu pourras mettre en application lors de ton prochain déplacement : on laisse ce qu’on ne peut porter et on porte ce qu’on ne peut laisser… Je te laisse méditer là-dessus !
En grec ancien le voyage se dit « oïdoporia », « expérience du voyage » : « odos », « chemin » qu’on retrouve dans le mot Odyssée et « poria » qui évoque l’expérience, l’idée d’aller de l’avant et aussi l’épreuve. Oui un voyage est parfois éprouvant…Tout voyage devrait donc être une expérience qui, comme toute expérience, devrait être une expérience transformatrice.
Les voyages de Marie Madeleine face au monde moderne
À notre époque, que veut dire le mot « voyage » ?
Les voyages se sont faits d’abord à pied, ce qui impliquait la lenteur, une lenteur que nous avons oubliée depuis longtemps. Puis les moyens de transport se sont développés sur terre ou sur mer. Tous étaient lents et, il y a encore 60 ans, il fallait compter un mois de navigation pour aller de Marseille à Bombay, trajet que fait un avion en 11 heures… Avec l’accélération qui fait que les avions vont de plus en plus vite, n’importe quel petit coin au bout du monde peut être accessible avec un temps de voyage qui aurait stupéfié nos ancêtres ! As-tu l’impression que le monde entier est à ta portée et que voyager est facile ? On a l’impression aussi de connaître le monde entier parce qu’on a des images, par les films, les reportages ou les documentaires de pratiquement tous les endroits du monde. Tout semble connu ou accessible.
À notre époque, que veut dire le mot « voyage » ? Quand on cherche des synonymes à ce mot, on trouve « circuit, croisière », donc des modes de voyage qui ne laissent quer peu de place ou plus de place à la découverte personnelle ou à l’aventure. Dans les siècles précédents tout voyage était une aventure et laissait une place à l’inconnu.
Alors pourquoi voyages-tu ?
Images et symboles des voyages de Marie Madeleine
Les myrrophores
Les myrrophores, fresque du monastère orthodoxe de la Q Quarantaine, mont de la Tentation, Jericho
Trois femmes en marche pour embaumer le corps de leur maître bien-aimé, Jésus, si injustement crucifié. Trois femmes habillées de couleurs différentes mais qui se ressemblent car elles ont parcouru le même chemin et voyagé pendant trois ans, marchant à la suite de leur rabbin, parcourant la Galilée et la Samarie. Trois ans de marche sans faillir.
Et toi qu’est ce qui pourrait te mettre en marche ?
Les voyages de Marie Madeleine et la fuite
As-tu envie de sortir de tes habitudes, de sortir du connu parce que ton environnement de travail, ton environnement familial ou ton environnement social devient étouffant ? Un besoin d’air frais te prend, respirer ailleurs, te sentir libre, plus léger, délivré de toutes les obligations, tout oublier dans cette mer transparente dont la photo t’as fait rêver quand tu consultais un site de voyages…
Ou est-ce parce que tu as malheureusement eu un drame dans ta vie, une séparation douloureuse ou la perte d’un être aimé ? Tu as pensé alors : « Si je m’éloigne de ce lieu que je ne supporte plus sans l’amour de ma vie, si je vais vers l’inconnu, je vais pouvoir mettre à distance la souffrance qui m’habite. Je sais bien que fuir pour oublier n’est pas une bonne solution, mais simplement j’espère mettre la douleur qui m’habite à une place différente. J’espère au retour l’avoir apprivoisée et pouvoir vivre avec. Oui, je sens qu’au cours du voyage je sortirai de mes habitudes, je ne serai plus là à pleurer devant sa chaise vide au petit déjeuner. J’espère retrouver ma capacité d’ouverture au monde et aux autres. »
Tu as choisi d’aller en Inde parce que des amis t’ont dit : « Va au Rajasthan. Tu y verras les plus beaux temples, les plus beaux palais, tu t’émerveilleras devant le Taj Mahal. » Bref, le discours habituel sur l’Inde. Et puis les images sont si belles sur internet ! Oui, heureusement qu’il y a la splendeur de ces monuments pour t’aider à supporter ce qui te frappe dès ton arrivée, la pauvreté et le regard des enfants amaigris qui te regardent. C’est pour toi un choc, mais un choc salutaire qui te décentre de ton propre malheur et t’aide à le relativiser. « Comment ces enfants peuvent -ils avoir ce regard à la fois digne et suppliant ? Comment ces femmes peuvent-elles avoir le port d’une reine dans le dénuement où elles vivent ? »
Cette expérience, on peut la vivre dans bien des lieux, même quelquefois pas si loin de chez soi.. J’ai même l’impression d’enfoncer une porte ouverte en l’écrivant, mais c’est ce que j’ai vécu il y a cinquante ans lors de mon premier séjour en Inde et ce moment reste à tout jamais dans mon cœur. Quelquefois j’y pense pour remettre les choses à leur juste place. Quand je dis « tu, » c’est aussi de moi que je parle.
Ce qui peut t’aider aussi, c’est de découvrir comment d’autres cultures que la culture occidentale ont approché la mort. Je pense par exemple à la façon dont à Bénarès les crémations sont des cérémonies complètement empreintes de sacré mais sans ce côté pesant et triste que peuvent avoir certaines cérémonies en Occident quand le sacré n’y a pas sa place.
Peu à peu tu ne te sens plus totalement une étrangère, une simple touriste mais tu essaies de découvrir la vie quotidienne des gens. Tu ne te contentes plus du petit déjeuner occidental qu’on sert dans le monde entier. Tu demandes la nourriture locale. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. En fait, tu découvres la biodiversité humaine, culturelle et celle de la nature. Ton regard, d’interrogateur et légèrement inquiet, se fait émerveillé. Oui, tu retrouves cette si belle capacité d’émerveillement que tu avais perdue … et c’est le début de la guérison.
La traversée des Saints : un des voyages de Marie Madeleine
La traversée des Saints, fresque, Vadim Garine, Monastère Saint Michel du Var
Voyage non choisi que celui des amis de Jésus chassés de Palestine et promis à une mort certaine dans cette petite barque lancée au gré des flots. Ici un moment d’accalmie dans ce voyage périlleux qu’est la traversée de la Méditerranée. Dans la lumière dorée de l’aurore, les saints sont confiants. Marie Madeleine, debout, tend un bras vers le rivage inconnu. Une main s’approche de la barque. Après l’épreuve, une main amicale les accueille.
Quand tu perdras confiance, chahuté dans les soubresauts de la vie, pense à cette barque … et crois aux miracles.
Les voyages de Marie Madeleine et l’aventure
Pendant des siècles, les voyages avaient un but, qu’il s’agisse des voyages de commerce, d’exploration, de conquêtes ou des croisades.
En 1304, Ibn Battuta part de Tanger en pèlerinage à la Mecque. De pèlerin, il devient explorateur : Son voyage va se transformer en un immense périple qui durera près de 30 ans pendant lesquels il parcourt environ 120.000 kilomètres, explorant une quarantaine de pays. Il traverse l’Afrique du nord et le Moyen Orient, emprunte les routes de la soie jusqu’en Asie, traverse le Sahara découvrant au passage les richesses de l’empire du Mali. Le livre où il relate ses voyages est une mine de renseignements sur les routes commerciales de son époque, même s’il enjolive parfois les choses, peut-être poussé par le démon du voyage…
Si on avait décidé d’aller explorer la source du Nil, on voulait découvrir un grand fleuve, localiser sa source ( y en avait-il une ou plusieurs ?), résoudre ce qui était un mystère géographique fascinant et avoir la joie de prouver au monde que c’était pas simplement un mythe mais une réalité. Cette aventure pouvait être celle d’une existence entière, quitte à y laisser la vie. Je pense à cet explorateur britannique Fawcett dont James Gray rapporte la quête dans son beau film « The lost city of Z ». Sa recherche d’une cité légendaire perdue dans la jungle amazonienne devient obsessionnelle. Lui et son équipe y laisseront la vie et sa mort est aussi un mystère non résolu.
Les voyages pouvaient aussi avoir pour but des conquêtes et être à l’origine de nouvelles routes commerciales. Sais-tu qu’Alexandre le Grand, à chaque fois qu’il conquerrait un pays créait une ville à qui il donnait le nom d’Alexandrie. Ainsi on avait des Alexandrie depuis l’Inde jusqu’en Égypte, et entre toutes ces villes circulaient la soie, les épices et d’autres merveilles qui venaient de l’Asie.
Hélas les conquêtes ont souvent engendré massacres, colonisations et esclavage… Quant aux croisades qui avait officiellement pour but de reconquérir le tombeau du Christ à Jérusalem, elles ont permis aux croisés de mettre à sac Byzance et de s’emparer de toutes ses richesses… Mais elles ont permis aussi de fructueux échanges entre l’Occident et les terres d’Islam et même des rencontres spirituelles comme celle de François d’Assise avec le sultan Malik El-Kamil. Traversant les lignes ennemies au péril de sa vie, François a échangé longuement avec le sultan sous sa tente. On dit que la vision du monde et de Dieu de ces deux hommes en a été transformée. Bel exemple de dialogue interreligieux qui pourrait inspirer notre époque !
L’aventure au féminin dans les voyages de Marie Madeleine
Marchands, conquérants, explorateurs, tous des hommes ! Des femmes les accompagnaient quelquefois mais l’histoire n’en pas gardé de trace. Fin 19e siècle, début 20e, des femmes, avec une audace incroyable, ont entrepris des grands voyages d’exploratrices. Je pense à des femmes absolument extraordinaires comme Alexandra David Neel, première femme occidentale à entrer au Tibet en 1924 ou à Isabelle Eberhardt parcourant le Sahara sous l’identité masculine de Si Mahmoud parce qu’il n’était pas question pour elle de voyager sous son identité de femme…
Leurs voyages étaient des voyages ethnographiques mais aussi des voyages intérieurs…
Les voyages de Marie Madeleine dans les récits mythiques
« Les mythes ne parlent jamais de quelque chose d’étranger ou de lointain, mais toujours, au fond, de notre propre existence, dans la mesure où elle s’ouvre au Divin. » (Eugen Drewermann)
L’Odyssée
Un des premiers grands voyages évoqués dans l’Histoire est celui de l’Odyssée d’Homère, longue épopée en vers rédigée au VIIIe siècle avant J.-C., mais transmise oralement depuis déjà des siècles par les troubadours d’alors, les aèdes.
Après dix années de guerre sous les murs de Troie, Ulysse est dans la quarantaine. Il est encore plein de vigueur et n’a qu’une envie, après cet interminable affrontement avec les Troyens : rentrer dans sa petite île d’Ithaque, retrouver son royaume, sa femme et son fils.
Mais c’est sans compter avec la vindicte du dieu Poséidon qui le poursuit de sa colère et l’empêche de regagner sa terre natale. Grâce à son intelligence et à la protection de la déesse Athéna, Ulysse, « l’homme aux mille tours », échappe aux pièges et, après maintes aventures plus périlleuses les unes que les autres, aborde enfin à Ithaque.
Il aura passé dix ans à voyager contre son gré, en proie aux épreuves que lui impose le dieu des mers. Chaque épreuve l’a transformé. Il revient dans son île profondément changé, ayant appris à mieux se connaître et à mieux connaître le monde et ses dangers.
Au-delà du récit où merveilleux et surnaturel sont omniprésents, que peut nous apprendre l’histoire d’Ulysse ?
Te sens-tu parfois habité, comme Ulysse et tant d’autres héros, par un sentiment de nostalgie ? « Nostos » signifie en grec le retour, et « algos » la souffrance. Désir de retour aux origines qui te pousse à retrouver la maison de tes vacances d’enfant ? Désir plus profond d’un monde harmonieux, réel ou fantasmé ?
Ulysse rentre à Ithaque, préférant la condition de simple mortel à l’immortalité que lui propose la séduisante nymphe Calypso, pour retrouver son identité de roi, de père et d’époux. Après son absence et le chaos qui a suivi, il rétablit l’ordre, l’harmonie — en grec, c’est le même mot : « cosmos ».
Il résiste aussi à deux tentations majeures.
Le chant des Sirènes, qui attire les marins vers la mort. As-tu rencontré ce chant hypnotisant qui t’invite au pouvoir au détriment de ce que tu es vraiment, comme si tu donnais ton âme au diable ?
Les Lotophages lui proposent une plante magique, le lotus, qui procure l’oubli immédiat : oubli de son identité, de ses objectifs, de sa mission. T’es-tu laissé tenter, toi aussi, par ce qui fait oublier les soucis ? Comme me disait un ancien consommateur d’opium : « Après une pipe, je suis le plus intelligent des hommes, je résous tous les problèmes, je refais le monde à ma manière. Mais au réveil, je suis toujours aussi con… »
Ulysse ne se laisse pas détourner de son objectif : Ithaque. Il retourne à l’endroit du départ et retrouve, après des aventures sentimentales, y compris avec des déesses, sa fidèle épouse Pénélope.
Devient-il un meilleur roi, un meilleur époux, un meilleur père ? Nous ne le savons pas…
Quelle est la vie d’Ulysse après son retour ? Reste-t-il comme un bon père de famille auprès de Pénélope et de Télémaque ? Ou est-il tellement marqué par ce qu’il a vécu que son être même est devenu l’être du voyage ?
Son nom grec est « Odusseus » et l’on retrouve dans ce nom « odos », le chemin. Se satisfait-il d’une vie sédentaire ou trouve-t-il son île trop petite, sa vie trop étroite ? A-t-il la nostalgie des grands espaces ?
T’imagines-tu Ulysse repartant vers des horizons inconnus ?
As-tu éprouvé, toi aussi, cette nostalgie de l’ailleurs en rentrant de voyage ?
La quête du Graal
Ulysse, Abraham entreprennent des voyages qui ont un but : retrouver ou trouver une terre d’abondance, une terre en paix, une terre idéale en somme. Qu’en est-il des chevaliers de la Table Ronde et de leur quête du Graal ? Là aussi, il s’agit d’une quête spirituelle, d’un chemin intérieur. Les chevaliers ne sont pas à la recherche de la gloire ou de la richesse. Pour arriver au bout de cette quête, le chevalier doit posséder foi, persévérance, humilité. Il doit se purifier pour être digne de voir le Graal, cette coupe contenant des gouttes du sang du Christ crucifié. Toutes les épreuves rencontrées l’amèneront à une meilleure connaissance de lui-même et feront émerger la meilleure part de lui-même. Le but de ce voyage, c’est de voir le Graal, cette coupe miraculeuse, synonyme de salut et de rédemption. Galaad y parvient et aussitôt le roi possesseur du château du Graal, le roi pêcheur dont la blessure était jusque-là inguérissable retrouve la santé. Le pays alentour qui était une terre désolée redevient fertile. Les qualités spirituelles que développent les chevaliers au cours de leur quête sont beaucoup plus importantes que celles de l’idéal chevaleresque de la société médiévale. Rencontrer le Graal, c’est renouer une alliance avec le Christ et retrouver le sens profond de toute vie humaine.
Cet objet mythique a pris le sens d’un objectif ardu, d’un idéal inaccessible…mais quel est le sens d’une vie sans idéal ? Quel est le Graal de ta vie ?
Le voyage d’Abraham
Pour les trois religions du Livre (judaïsme, christianisme et islam) Abraham est considéré comme le premier grand voyageur : sur l’ordre de l’Éternel, il quitte Ur en Chaldéen pour rejoindre une lointaine terre promise. Les premiers mots que lui adresse l’Éternel ne parlent pas d’aller vers un pays mais Il lui dit « va vers toi ». Ainsi le départ vers une terre inconnue n’est pas simplement un déplacement géographique mais c’est l’occasion d’un voyage intérieur à la dé découverte de lui-même. C’est en avançant que tu découvriras qui tu es… Abraham débute ce voyage éprouvant à 75 ans. Il n’y a pas d’âge pour commencer !
La conférence des oiseaux
Connais-tu « La conférence des oiseaux », ce merveilleux texte de Farid al Din Attar, grand poète persan du 12e siècle?
Des milliers d’oiseaux guidés par la huppe, messagère du sage roi Salomon, se mettent en chemin à la recherche de l’Être Suprême. Ils abandonnent tout derrière eux et partent tout joyeux pour ce périple exaltant. Mais les oiseaux sont à notre image : doutes, peurs, regrets les envahissent et chacun, qu’il soit roi ou mendiant, trouve de bonnes raisons pour abandonner et retrouver sa petite vie tranquille d’avant : le rossignol regrette la rose dont il est amoureux ; le perroquet réalise qu’il cherche la fontaine d’immortalité et non Dieu ; le faucon est trop attaché à sa vie luxueuse et ne peut s’en passer.
Es-tu l’un de ces oiseaux ? As-tu ressenti un jour un grand enthousiasme pour un but élevé auquel tu as finalement renoncé ?
Périlleux voyage pour les oiseaux : ils doivent traverser sept vallées,
A l’arrivée au sommet de la montagne de Qâf où réside le Simorgh, l’Être absolu, ne restent plus que trente oiseaux. Les autre sont morts ou ont abandonné. Et là, touchant le but de leur quête, que voient -ils ? Un miroir ! Ils réalisent que le Simorgh ( jeu de mots en en persan : Simorgh signifie trente oiseaux) n’est autre qu’eux-mêmes. Le voyage des oiseaux est l’image du cheminement intérieur de l’âme humaine. Le miroir de l’âme a été débarrassé par les épreuves du voyage de toutes ses impuretés et ne laisse dans l’âme que la présence de Dieu.
Les voyages historiques de Marie Madeleine
Marie Madeleine une voyageuse ?
Plusieurs voyages dans sa vie dont celui qui la mène de la Palestine au sud de la Gaule et celui qui la mène des Saintes-Maries-de-la-Mer à la Sainte Baume.
Après la mort du Christ, les persécutions contre ses disciples s’intensifient. Certains restent en Palestine mais d’autres, trouvant la situation trop dangereuse, décident d’aller dans d’autres pays pour porter la parole du Christ. Paul en est un bon exemple mais il n’est pas le seul.
On dit que Marie Madeleine est allée à Rome se plaindre à l’empereur Tibère des persécutions contre ses amis. Devant l’empereur incrédule, l’œuf blanc qu’elle porte devant son cœur devient rouge, symbolisant le sang du Christ lors de sa crucifixion. Mais les persécutions ne vont pas s’arrêter pour autant…
On la voit aussi à Éphèse où elle aurait accompagné Jean l’évangéliste et Marie, la mère de Jésus. Elle y aurait vécu dans une grotte.
A-t-elle accompagné l’apôtre Thomas et Jésus jusqu’en Inde ? Certains disent que Jésus n’est pas mort sur la croix et a continué son enseignement en Inde. On trouve au Cachemire à Srinagar deux tombeaux, l’un a attribué un prophète venu d’Occident, désigné comme Jésus et l’autre à sa compagne ( Marie-Madeleine ?)
Selon les légendes, après sa venue en Gaule, elle passe dans d’autres lieux, à Vézelay, à Rennes le château, puis en Grande-Bretagne à Glastonbury où elle accompagne Joseph d’Arimathie. Elle séjourne aussi dans d’autres endroits où l’on évoque des traces de son passage.
Parmi les voyages les plus célèbres de Marie-Madeleine, le premier n’est pas volontaire : Après l’Ascension, les disciples du Christ deviennent de plus en plus nombreux et les autres Juifs le supportent de plus en plus mal. Avec l’aide des Romains, ils décident de se débarrasser de ce groupe dont l’influence va grandissante : ils embarquent Marie-Madeleine et ses compagnons dans un bateau sans rame, sans voile, sans gouvernail, lancé sur les flots tumultueux de le Méditerranée. Ils sont ainsi tous promis à une mort certaine.
La tradition provençale nous dit que l’Esprit saint les protège et les conduit jusqu’en Camargue près du village qui va devenir les Saintes-Maries-de-la-Mer. Pour ceux qui ne croient pas à l’Esprit Saint, on sait que des courants sous-marins vont de Saint-Jean-d’Acre au Saintes-Maries-de-la-Mer …
Imagine ce petit groupe d’amis de Jésus perdus au milieu des flots, certes portés par leur foi, mais néanmoins en proie à certains moments à la peur, au désespoir. As-tu vécu de tels moments où tu oscillais entre doute et foi en la Vie ?
Y penses-tu quand tu entends parler de barques de migrants noyés au milieu de la Méditerranée ou sauvés presque miraculeusement ?
Un temps de repos après cet éprouvant voyage, puis les amis se séparent. Marthe, la sœur de Marie-Madeleine part vers Tarascon ; Lazare, son frère est déjà parti vers Marseille, Maximin vers Aix en Provence. Marie Jacobé et Marie Salomé (demi sœurs de Marie mère de Jésus) restent au Saintes-Maries-de-la-Mer. Elles sont trop éprouvées vu leur âge par la traversée. Sara leur tient compagnie. Les autres partent dans différentes directions porter la parole du Christ.
Là va commencer le deuxième voyage de Marie Madeleine. Elle part des Saintes-Maries-de-la-Mer et se dirige vers l’Est, vers le soleil levant. On ne sait pas exactement quel chemin elle a suivi mais on a des traces de son passage à Marseille où elle rejoint son frère Lazare et évangélise pendant quelques années. Puis, éprouvant un besoin de plus en plus grand de solitude et de silence, elle remonte le cours de l’Huveaune et arrive dans le massif de la Sainte Baume. Une forêt dense, touffue, sans aucun chemin tracé, au pied d’une longue barre rocheuse. La tradition dit qu’elle y vit pendant une trentaine d’années avant de rendre l’âme en rejoignant Maximin près du lieu qui deviendra Saint Maximin et où va s’ériger la basilique qui garde les reliques de la sainte.
Le chemin de Marie-Madeleine est un chemin vers la solitude, vers le dépouillement, vers le silence qui est la langue du dialogue de l’âme avec Dieu.
Ces textes et bien d’autres peuvent être des sources d’inspiration pour ton propre voyage intérieur. Avant, pendant ton enfance ou ton adolescence, quels sont les livres qui t’ont permis un voyage immobile pendant que tu étais dans ta chambre ? Quels voyages imaginaires as-tu accompli, quels voyages imaginaires accomplis-tu encore en lisant ? As-tu voyagé avec Jules Verne dans les profondeurs de la mer ? As-tu chevauché dans les steppes d’Afghanistan avec « Les Cavaliers « de Joseph Kessel ? Es-tu sorti de la lecture de certains livres en ayant l’impression d’avoir voyagé toi-même et que ton voyage était un voyage initiatique car tu avais l’impression de sortir transformé de ta lecture ?
Nous ne sommes plus à l’époque d’Ulysse, d’Abraham, ou même de Joseph Kessel et il est difficile de trouver des espaces vierges à explorer, si ce n’est à l’intérieur de soi-même. Certains explorateurs comme Sylvain Tesson côtoient encore les grands espaces et les conditions extrêmes et sont là pour nous faire rêver.
Par ironie de l’histoire, la marche qui était le premier mode de déplacement du voyageur, depuis quelques années redevient en vogue. On peut penser par exemple à l’extraordinaire développement du pèlerinage de Compostelle et au milliers de marcheurs ou de pèlerins qui parcourent ce chemin ou d’autres chemins de pèlerinage. Et si tu partais cheminer sur les traces de Marie Madeleine pour te découvrir toi-même et te laisser inspirer par elle?
Marcher aujourd’hui sur les traces des voyages de Marie Madeleine
Ces textes et bien d’autres peuvent être des sources d’inspiration…
Et si tu partais cheminer sur les traces des voyages de Marie Madeleine pour te découvrir toi-même et te laisser inspirer par elle ?
Sainte Marie Madeleine recevant sa dernière communion
Atelier d’Andrea Della Robbia (1435/1525)
Dernière marche de Marie Madeleine au bord de la mort. Elle a le courage de sortir de sa chère forêt pour communier avant le grand voyage vers le Ciel où elle retrouvera son bien aimé Jésus. Ses longs cheveux lui font comme une toison de bête dorée, image de son dépouillement et de la lumière intérieure qui l’habite.
